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Visite périodique de sécurité en ERP : périodicité par type et catégorie

Périodicité des visites de la commission de sécurité en ERP : tableau complet par type et catégorie (article GE 4), locaux à sommeil, 5e catégorie, préparation et suites de la visite.

Par Gauthier Jozan, Fondateur — VoxActe7 min de lecture
Sommaire de l'article

À quelle fréquence la commission de sécurité visite-t-elle un ERP ?

Les établissements recevant du public (ERP) des quatre premières catégories font l'objet de visites périodiques tous les 2, 3 ou 5 ans, selon leur type d'activité et leur catégorie d'effectif, conformément au tableau de l'article GE 4 du règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980 modifié).

Trois règles structurent le dispositif : les établissements comportant des locaux à sommeil — types J, O, U et R avec hébergement — sont visités tous les 2 ans, quelle que soit leur catégorie ; les ERP de 5e catégorie échappent en principe aux visites périodiques, sauf locaux à sommeil ; l'intervalle peut être porté jusqu'à 5 ans après deux avis favorables successifs, en l'absence de locaux à sommeil.

S'y ajoutent les visites d'ouverture, de réception de travaux et les visites inopinées.

Définition. La visite périodique est le contrôle régulier d'un ERP en exploitation par la commission de sécurité compétente. Elle vérifie que l'établissement reste conforme au règlement de sécurité et que les prescriptions antérieures ont été exécutées. Elle débouche sur une proposition d'avis adressée à l'autorité de police.

Le classement de l'ERP détermine la périodicité

Le classement des ERP, défini par le Code de la construction et de l'habitation et le règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique, repose sur deux axes : le type traduit l'activité, la catégorie l'effectif admissible.

Les catégories : une question d'effectif

L'effectif pris en compte cumule le public et le personnel pour les quatre premières catégories ; seul le public compte pour la 5e.

CatégorieEffectif admissible
1rePlus de 1 500 personnes
2eDe 701 à 1 500 personnes
3eDe 301 à 700 personnes
4e300 personnes et moins, hors 5e catégorie
5eEffectif du public inférieur aux seuils fixés pour chaque type

Les quatre premières catégories forment le « premier groupe » ; la 5e, le « second groupe », au régime allégé.

Les types : une question d'activité

Les types courants sont désignés par une lettre, de J à Y — l'activité de chacun figure dans le tableau des périodicités ci-dessous. S'y ajoutent les établissements spéciaux (PA plein air, CTS chapiteaux, GA gares, etc.), soumis à des dispositions propres.

Le type R appelle une distinction décisive : un établissement d'enseignement avec hébergement (internat, colonie) relève du régime des locaux à sommeil, contrairement à un établissement sans hébergement.

Le tableau des périodicités de l'article GE 4

Le tableau ci-dessous croise types et catégories, conformément à l'article GE 4. Lecture : un magasin (type M) de 2e catégorie est visité tous les 3 ans.

TypeActivité1re cat.2e cat.3e cat.4e cat.
JAccueil personnes âgées / handicapées2 ans2 ans2 ans2 ans
LSalles de spectacle, de réunion2 ans3 ans3 ans5 ans
MMagasins, centres commerciaux2 ans3 ans3 ans5 ans
NRestaurants, débits de boissons3 ans3 ans5 ans5 ans
OHôtels, pensions de famille2 ans2 ans2 ans2 ans
PSalles de danse, salles de jeux2 ans3 ans5 ans5 ans
R avec hébergementInternats, colonies de vacances2 ans2 ans2 ans2 ans
R sans hébergementEnseignement, crèches3 ans5 ans5 ans5 ans
SBibliothèques, centres de documentation2 ans3 ans5 ans5 ans
TSalles d'exposition2 ans3 ans5 ans5 ans
UÉtablissements de soins2 ans2 ans2 ans2 ans
VÉtablissements de culte3 ans5 ans5 ans5 ans
WAdministrations, banques, bureaux3 ans5 ans5 ans5 ans
XÉtablissements sportifs couverts3 ans3 ans3 ans5 ans
YMusées3 ans5 ans5 ans5 ans

Précisions de lecture : ce tableau s'applique sous réserve des dispositions particulières propres à chaque type ; la fréquence peut être modifiée par arrêté du maire ou du préfet après avis de la commission ; un bâtiment classé en plusieurs types suit la périodicité la plus contraignante.

Chiffre clé. Après deux avis favorables successifs rendus dans les délais, un ERP sans locaux à sommeil peut voir l'intervalle avant la visite suivante porté jusqu'à 5 ans, selon l'article GE 4 du règlement de sécurité.

Exemple chiffré : le calendrier de visites d'un exploitant multi-sites

Un exploitant gère quatre établissements ; leur classement détermine mécaniquement leur prochaine échéance.

ÉtablissementEffectifClassementPériodicitéDernière visiteProchaine échéance
Hôtel 60 chambres130 personnesType O, 4e cat.2 ansmars 2025mars 2027
Magasin de centre-ville900 personnesType M, 2e cat.3 ansoctobre 2024octobre 2027
Restaurant250 personnesType N, 4e cat.5 ansjuin 2023juin 2028
Salle de spectacle1 800 personnesType L, 1re cat.2 ansjanvier 2026janvier 2028

Sur ce portefeuille, l'hôtel concentre l'attention : locaux à sommeil, donc 2 ans sans dérogation possible. La salle de spectacle, elle, pourrait être espacée jusqu'à 5 ans après deux avis favorables. Tenir ce tableau à jour évite les visites préparées en catastrophe.

ERP de 5e catégorie : un régime à part

Les établissements de 5e catégorie — petits commerces, cabinets, restaurants de quartier — ne sont pas soumis aux visites périodiques obligatoires, avec deux nuances. D'une part, ceux qui comportent des locaux à sommeil (petits hôtels, internats de faible effectif) font l'objet de visites périodiques, le sommeil du public étant le facteur de risque majeur. D'autre part, l'autorité de police peut toujours demander le passage de la commission, notamment après un signalement — et les obligations de fond (vérifications techniques, registre, consignes, formation du personnel) restent exigibles.

Visites d'ouverture, de réception et inopinées

La visite périodique n'est qu'une des quatre natures de visite prévues par les articles GE 2 à GE 5 du règlement de sécurité.

VisiteMomentObjet
D'ouvertureAvant l'accueil du publicVérifier la conformité initiale ; conditionne l'arrêté d'ouverture
De réception de travauxAprès travaux soumis à autorisationContrôler la conformité des aménagements réalisés
PériodiqueEn exploitation, selon GE 4Contrôler le maintien du niveau de sécurité
InopinéeÀ tout moment, sans préavisContrôler ponctuellement, à l'initiative de l'autorité de police

Comment l'exploitant prépare la visite périodique

Une visite se gagne en amont : le groupe commence par l'examen documentaire ; un dossier complet crédibilise l'exploitant.

1. Mettre à jour le registre de sécurité

Le registre consigne les vérifications techniques, les travaux, la formation du personnel et les exercices d'évacuation. Un registre lacunaire est en soi un motif d'observation. Les mentions exigées sont détaillées dans notre guide des obligations du registre de sécurité incendie.

2. Rassembler les rapports de vérification

Les installations techniques — électricité, système de sécurité incendie (SSI), désenfumage, moyens d'extinction, ascenseurs, gaz — doivent être vérifiées périodiquement par des organismes agréés ou des techniciens compétents. La commission demande les rapports de vérifications réglementaires et s'assure que leurs observations ont été traitées. Ajouter au dossier les contrats de maintenance et les attestations de formation du personnel.

3. Solder les prescriptions antérieures

Le groupe de visite ouvre presque toujours par la même question : où en sont les prescriptions de la dernière visite ? Chacune doit être levée et justifiée — facture, attestation, photographie datée. Une prescription ancienne non levée oriente l'avis plus sûrement qu'une non-conformité nouvelle.

Comment se déroule le groupe de visite ?

La visite est effectuée par un groupe de visite émanant de la commission compétente. Il comprend obligatoirement un sapeur-pompier préventionniste — le rapporteur —, un représentant de la police ou de la gendarmerie et le maire ou son représentant ; en l'absence d'un membre obligatoire, la visite ne peut pas avoir lieu. L'exploitant est tenu d'y assister ou de s'y faire représenter.

Le déroulement suit une trame constante :

  1. Examen documentaire : registre, rapports de vérification, suites données aux prescriptions antérieures.
  2. Parcours de l'établissement : dégagements, désenfumage, éclairage de sécurité, SSI, moyens de secours, avec essais.
  3. Rapport et avis : le rapporteur rédige le rapport avec constats et prescriptions ; la commission rend collégialement un avis, transmis à l'autorité de police.

La rédaction de ce document est détaillée dans la méthode complète du rapport de commission de sécurité incendie, avec un modèle Word de rapport à télécharger.

Avis, prescriptions, mise en demeure : les suites de la visite

La commission est un organe consultatif : son avis éclaire la décision de l'autorité de police (maire ou préfet), seule compétente pour autoriser, encadrer ou interdire l'exploitation.

Issue de la visiteConséquence pratique
Avis favorablePoursuite de l'exploitation ; échéance suivante selon GE 4
Avis favorable avec prescriptionsExécuter les prescriptions sous délai et justifier leur levée
Avis défavorableMesures correctives exigées ; exploitation reconsidérée par l'autorité de police
Mise en demeureInjonction de réaliser les travaux dans un délai fixé
FermetureArrêté du maire ou du préfet en cas de danger persistant

Un avis défavorable n'emporte pas fermeture automatique : nombre d'établissements poursuivent leur activité le temps d'exécuter un échéancier de travaux validé. Mais laisser la situation s'enliser expose à la mise en demeure, puis à la fermeture par arrêté — et, en cas de sinistre, à la responsabilité pénale. Les obligations de l'exploitant sont récapitulées sur service-public.fr.

Suivre ses visites et ses levées de prescriptions sans ressaisie

Côté préventionniste comme côté exploitant, la matière première est la même : des constats terrain, des prescriptions, des levées à documenter. La partie chronophage n'est pas le contrôle, mais sa mise au propre au bureau.

Dicter les constats sur place, point de contrôle par point de contrôle, photos à l'appui, supprime cette double saisie : le document sort structuré, prêt à relire. C'est l'usage que font de VoxActe les préventionnistes et responsables sécurité incendie, sur les visites comme sur le suivi des levées de prescriptions. Le principe vaut pour tous les rapports terrain : voir pourquoi la dictée divise par 5 le temps de rédaction.

En résumé

La périodicité des visites de la commission de sécurité dépend du classement de l'ERP : 2, 3 ou 5 ans selon type et catégorie (article GE 4). Les établissements avec locaux à sommeil sont visités tous les 2 ans ; la 5e catégorie n'est soumise qu'en présence de locaux à sommeil ; deux avis favorables successifs permettent d'espacer jusqu'à 5 ans. La visite se prépare : registre à jour, rapports de vérification, levée des prescriptions antérieures.


Sources utilisées :

Pour aller plus loin : Rapport de commission de sécurité incendie : méthode et trame · Registre de sécurité incendie : les obligations · Dicter ses rapports terrain : diviser par 5 le temps de rédaction

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Visite périodique de sécurité en ERP : périodicité par type et catégorie : FAQ

Quelle est la périodicité des visites de la commission de sécurité en ERP ?
Elle est de 2, 3 ou 5 ans selon le type d'activité et la catégorie de l'établissement, conformément au tableau de l'article GE 4 du règlement de sécurité. Les établissements comportant des locaux à sommeil (types J, O, U et R avec hébergement) sont visités tous les 2 ans quelle que soit leur catégorie.
Les ERP de 5e catégorie sont-ils soumis aux visites périodiques ?
Non, en principe : les visites périodiques obligatoires concernent les quatre premières catégories. Exception : les établissements de 5e catégorie comportant des locaux à sommeil font l'objet de visites périodiques. L'autorité de police peut par ailleurs faire visiter tout ERP par la commission, à tout moment.
La commission de sécurité peut-elle visiter un ERP sans prévenir ?
Oui. Outre les visites périodiques programmées, des visites inopinées peuvent être organisées sans préavis, à la demande de l'autorité de police. L'exploitant doit donc pouvoir présenter à tout moment un registre de sécurité à jour et ses rapports de vérification.
Peut-on espacer les visites périodiques d'un ERP ?
Oui : lorsque l'établissement ne comporte pas de locaux à sommeil et que les deux dernières visites périodiques, réalisées dans les délais, ont conclu à un avis favorable, l'échéance suivante peut être portée jusqu'à cinq ans. À l'inverse, le maire ou le préfet peut renforcer la fréquence après avis de la commission.
Que risque un exploitant après un avis défavorable ?
Pas de fermeture automatique : l'avis est une proposition motivée adressée à l'autorité de police. Le maire ou le préfet peut mettre l'exploitant en demeure de réaliser les travaux sous délai, encadrer la poursuite de l'exploitation ou ordonner la fermeture par arrêté. En cas de sinistre, la responsabilité pénale est engagée.
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